Coronavirus & Télétravail : La nouvelle normalité

Un site pour les développeurs, par un développeur

Coronavirus & Télétravail : La nouvelle normalité

covid télétravail

Le Covid-19 aura bouleversé nos vies de bien des façons ; et ce de manière durable.

En plus des conséquences en vies humaines et des dégâts économiques, notre société a et va changer plus profondément.

Les conventions sociales vont changer…

On mettra peut-être des mois avant de resserrer une main, faire la bise à un(e) collègue sans avoir ce petit pincement, cette petite pointe de peur ou de culpabilité.

Le jour où nous n’en aurons plus l’obligation, on mettra peut-être un petit moment à ne plus attraper son masque en sortant de chez soi, ce geste qui sera devenu aussi naturel que prendre son téléphone ou son sac à main.

…les conventions professionnelles aussi

Notre vie professionnelle sera aussi bouleversée. Alors que fin février 2020, l’immense majorité des personnes travaillaient dans les locaux de leurs entreprises, un mois plus tard, la plupart des travailleurs du sectaire tertiaire avait délocalisé leurs bureaux chez eux.

Un choc pour beaucoup d’entre eux qui n’avaient jamais fait de télétravail.

Et un choc pour leurs entreprises aussi. Personne n’y était préparé.

Et c’est sur ce sujet que va se concentrer l’article d’aujourd’hui.

Une mise en place difficile

Étant freelance, nomade et télétravailleur à plein temps, le travail à distance, ça me connait.

J’ai toute légitimité à parler du remote et des difficultés à se mettre en place. D’ailleurs, j’en parlerai plus longuement en fin d’article, mais j’ai lancé une activité de formation et de coaching auprès des entreprises, pour faciliter leur transition vers le télétravail.

Alors oui, la mise en place du télétravail forcé par le Covid-19 a été compliquée pour beaucoup, beaucoup d’entreprises. Mais pourquoi ?

Un état d’esprit bien Français

Comme je l’ai dit, je suis (digital) nomade. Je travaille tout en voyageant. Et je rencontre beaucoup de personnes comme moi, de beaucoup de pays différents.

Et à chaque fois, je suis frappé de voir à quel point beaucoup d’autres pays ont adopté une pratique qu’en France on repousse de la main avec dédain : le télétravail.

Exemple le plus frappant :

Février 2020, à Ténérife. J’ai vécu quelques semaines avec un ancien développeur Suédois, d’une cinquantaine d’années. Il me racontait avec nostalgie que dans les années 90, il travaillait déjà en télétravail complet pour une entreprise Suédoise. C’était pas simple (si vous êtes développeurs : y’avait évidemment pas Git/SVN, tout se faisait par simple envoi de fichier) mais il y arrivait et tout le monde était content.

J’ai beaucoup d’autres exemples — certes pas aussi prononcés. Ces 8 derniers mois, lors de mon séjour en Espagne, j’ai rencontré des développeurs : Américains, Canadiens, Espagnols, Hongrois, Suédois, Anglais, Allemands, Sud-Africains, Indiens, Polonais. Tous avaient pour point commun de travailler à distance pour des entreprises.

Le seul développeur Français que j’ai rencontré qui télétravaillait était entrepreneur et développait uniquement son propre projet.

Alors pourquoi j’ai rencontré deux Hongrois (Hongrie: 9,7 millions d’habitants) qui travaillaient uniquement en remote, et pas un seul Français (France: 67 millions d’habitants) ?

Pas besoin d’avoir le QI d’Einstein pour avoir la réponse : c’est une question de mentalité. La mentalité Française, quand on parle d’entreprise, est une mentalité pyramidale, vieillissante et rigide.

Comme bloquée dans le temps

Pour avoir travaillé pour plusieurs entreprises, même avec le métier récent de développeur que j’exerce, j’avais parfois l’impression d’être un siècle en arrière, où les salariés devaient tout à leurs patrons — qui incarnait pour eux une certaine figure paternelle.

Devoir pointer matin, midi et soir est par exemple quelque chose que j’ai connu dans une entreprise de développement. Et si on n’avait pas fait nos heures, le logiciel nous le rappelait via une jolie alerte.

Avec une mentalité pareille, où un salarié doit rendre des comptes et où son manager se sent obligé de le surveiller — sinon c’est la panique, comment voulez vous introduire un télétravail sain ?

Mais un état d’esprit bousculé

Ce qui me fascinait avec ce refus du télétravail, c’était la véhémence et l’obstination avec laquelle il était pratiqué.

C’est simple, pour beaucoup, c’est quelque chose qui ne pouvait même pas, Grand Dieu non, être simplement envisagé.

Même en temps de grève des transports, avec des trains qui ne passent plus, des trams et bus très limités, beaucoup ne voyaient même pas le télétravail comme une alternative.

Bah non mon grand, tu peux conduire. Si t’as pas de permis/voiture, tu peux prendre le vélo/une trottinette électrique. Et s’il pleut ? Bah t’as des jambes et un parapluie, non ?

Aussi, lorsque le confinement a forcé la mise en place du télétravail, beaucoup d’entreprises ont eu l’impression, à la place d’y voir une opportunité qui a plein de bénéfices — je vais y revenir — qu’on leur attachait un boulet au pied en leur disant “tiens, débrouille-toi maintenant”.

Et je vous avoue que ça m’a rendu triste. Triste de voir qu’en Suède le télétravail est devenu banal et qu’il profite à tous, alors que dans le pays dans lequel j’ai grandi et dans lequel je continue de payer mes taxes, il est vu comme une plaie qu’on a vite envie de refermer.

Je ne vis pas en France (en tout cas au moment où j’écris ces lignes) et ne côtoie pas de télétravailleur quotidiennement. Cependant, des retours que j’ai d’autres développeurs — et c’est encore pire pour les autres emplois (RH, …) — c’est parfois la Bérézina.

Alors oui, ce virus a foutu un gros coup de pied dans la fourmilière, mais…

Pour le meilleur et… pour le meilleur

On a une expression qui dit “un mal pour bien”. Je n’oserais pas dire cela du Covid-19 étant donné les centaines de milliers de morts qu’il a provoqué ; mais il était temps que quelque chose fasse bouger notre mentalité archaïque.

Qu’on le veuille ou non, et qu’on le réalise ou pas encore, le télétravail a beaucoup de bénéfices. Je pourrais écrire des centaines de lignes pour les citer mais cet article commence déjà à être long, alors pour éviter à ceux qui sont encore là d’en avoir marre et de fermer l’onglet, je vais seulement citer 2 arguments.

Et des auxquels on ne pense pas forcément — vous avez déjà forcément entendu parler de la productivité, du temps de trajet et blablabla…

Pour les entreprises, une économie substantielle

Vous vous souvenez des deux Hongrois dont j’ai parlé tout à l’heure ? L’un des deux bosse pour une entreprise américaine. Elle a un siège à Budapest ; il travaille pour une entreprise installée en Hongrie — mais américaine.

Bref. Cette entreprise a son siège social dans la Silicon Valley. Et Dieu sait que c’est ultra, ultra cher là-bas. Employer ses développeurs Américains en remote permet à cette entreprise une énorme économie en terme de locaux et des taxes qui vont avec.

Quant à sa succursale Hongroise, elle a des locaux ne pouvant accueillir que 4 personnes, et elle emploie 8 développeurs Hongrois. Là encore, des économies.

Et tout ça, sans compter les charges variables des locaux comme l’électricité, l’entretien du distributeur automatique de café, l’entreprise de ménage à payer, …

Ça fait réfléchir, non ?

Pour les collaborateurs, un nouveau confort de vie

Quand, en tant que salarié, on se met au télétravail, il y a des règles, des bonnes pratiques, qu’il faut apprendre. La transition ne se fait pas en claquant des doigts.

Mais une fois qu’elles sont acquises, ces bonnes pratiques multiplient le confort de vie par 10 ou 100.

Non seulement pour le confort de travail, mais aussi pour le confort perso. Pouvoir faire ses courses à un autre moment que le soir à 19h, lorsque le parking du Lidl est rempli et que la nuit est déjà tombée, en est un exemple.

Pouvoir travailler pendant ses heures les plus productives et se reposer pendant certaines plages horaires de bureau en est un autre.

Et il est évident que le confort de vie se ressent sur l’efficacité au travail.

Pour finir cette section, sachez que c’est une réelle volonté des travailleurs. Avant de lancer mon activité de formation, j’ai fait une étude de marché auprès de télétravailleurs. 92% des répondants préfèrent le télétravail (au moins partiel) au travail sur site.

Projection dans le futur

Sur le court terme : une mise en danger

Il y a quelques jours, j’ai publié un post sur LinkedIn pour expliquer à quel point je trouvais dangereux les entreprises demandant à leurs collaborateurs de revenir sur site dès le 11 mai. Je ne veux pas me répéter alors le lien est ici.

Pour faire court, je dis que tant que l’épidémie n’aura pas complètement disparue, il est très dangereux et même irresponsable de faire revenir des télétravailleurs sur site. Par exemple nous, développeurs, travaillons surtout en open spaces, avec parfois plus de 30 personnes dans la même pièce. Il suffit d’un malade pour contaminer tout le monde…

Que malgré les aménagements (suppression des pauses café dans le petit local dédié, arrêt de la clim — et oui) il y aura toujours un risque. Donc que le télétravail, au moins partiel, est l’unique solution.

Forcer des salariés à revenir sur site avec cette menace, c’est de la mise en danger d’autrui. Ces mêmes sociétés paternalistes qui se sentent obligées de traquer leurs collaborateurs sont paradoxalement prêtes à leur faire courir les plus grands risques pour une fausse productivité.

Sur le moyen terme : un retour à la “normale” ?

Alors là, la question est : qu’est ce que la “normale” ? Est-ce qu’on doit parler de “nouvelle normalité” comme le gouvernement Espagnol tend à le répéter ici ? Je crois que oui.

Le monde post Covid-19 ne sera pas le même que le monde d’avant.

En ce qui concerne le monde du travail, c’est le télétravail qui va devenir normal. Littéralement, la nouvelle norme.

Désolé m’sieurs dames, il n’y aura pas de retour à l’ancienne normalité. Va falloir faire avec le télétravail. Il va falloir arrêter de nager à contre-courant ; vous finirez emportés quoi qu’il arrive. Autant se mettre dans le sens de la vague et apprendre à utiliser la planche.

Mais vous verrez, vous allez aimer ça.

Sur le long terme : un besoin d’accompagnement

Mais, pour continuer sur la même métaphore, c’est pas en étant seul, ni même en regardant 2–3 tutos sur le net, qu’on arrive à utiliser une planche de surf par soi-même. On peut se débrouiller, chopper une vaguelette sans tomber, mais c’est toujours mieux de se faire accompagner.

C’est la même chose pour le télétravail. Sa mise en place est soudaine et complexe pour beaucoup d’entreprises, donc douloureuse.

C’est pour cette raison que j’ai décidé de lancer cette activité de formation et de coaching au télétravail. Et croyez-moi, je ne vais pas être le seul ; et on va avoir besoin de nous.

Qu’est ce qui me rend légitime à ça :

  • Développeur de formation, dans le monde pro depuis 2012, j’ai travaillé pour 6 différentes entreprises (Stages, CDI, missions ESN)
  • Freelance en auto-entreprise 2018
  • Je deviens formateur la même année (pour des développeurs en poste, des POE ou des écoles)
  • Nomade depuis 2019 — je travaille tout en voyageant, uniquement en télétravail donc
  • Certifié Scrum Master (PSM1), avec mises en pratique dans ma vie pro (= expérience en management)

À force de recherches et de pratique, je connais les difficultés que l’on rencontre à la mise en place du télétravail, et je suis apte à aider à leur résolution.

Et c’est un accompagnement que les télétravailleurs recherchent. Selon l’étude que j’ai faite, 83% des salariés aimeraient que leurs entreprises leur offrent une formation sur la pratique du télétravail.

Si vous êtes manager, chef de projet, chargé de RH, n’hésitez pas à faire une demande sur cette page pour avoir plus d’informations.

Si vous êtes salarié, n’hésitez pas à transférer le site web vers la formation à vos responsables, vous en serez tous bénéficiaires !


Pfiou! L’article est enfin fini. C’était beaucoup plus long que ce que j’avais prévu, si vous êtes arrivés jusque là en lisant tout, bravo. Si vous avez juste scrollé à la fin de l’article, si je devais le résumer en quelques mots je dirais :

Mise en place du télétravail inéluctable — mais douloureuse — mais bénéfique — besoin de formation.

N’hésitez pas à faire un tour sur mon site de formation/coaching, juste ici.

Si vous voulez me contacter directement et plus officieusement, voilà mon Twitter : https://twitter.com/AlexDevNomade

N’hésitez pas à donner votre avis sur l’article et votre pratique du télétravail en commentaire : c’est fait pour ça !

Tags: , , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.